La femme, la Folie et l'homme
L'homme étant destiné par nature à gouverner les affaires, il fallait tout de même le saupoudrer d'un peu plus qu'une petite pincée de raison. Voilà pourquoi Jupiter, soucieux de régler cela de son mieux, fit appel à moi pour le conseiller là-dessus, comme en tout. Je m'empressai de lui donner un conseil digne de moi : qu'à l'homme il adjoignît la femme, cet animal assurément fol et déraisonnable, mais divertissant et délicieux, qui, partageant son quotidien, estomperait et atténuerait par sa propre folie la morosité congénitale du mâle. En fait, lorsque Platon semble hésiter à classer la femme dans la catégorie des êtres doués de raison, ou dans celle des bêtes brutes, son unique dessein est de mettre en évidence l'insigne folie de ce sexe. Et si, d'aventure, il se trouve une femme qui ait fantaisie de passer pour sage, elle n'aboutit à rien, qu'à être folle doublement. Comme on dit : "Autant conduire un bœuf au gymnase, malgré le veto de M...